En bateau, le long des rives du lac Kivu…

Lac Kivu Rwanda

Pirogue sur le lac Kivu, entre Cyangugu et Kibuye, le mardi 9 avril 2013

Après les événements qui ont secoué récemment Kigali, un calme relatif est revenu au pays…

J’ai donc choisi de m’éloigner quelques jours afin d’observer, loin de Nyagatare, la semaine de deuil national qui se termine ce dimanche 14 avril.

Le Rwanda se recueille. Les écoles sont fermées. Des dizaines de familles ont quitté le district début avril afin de rejoindre aux quatre coins du pays des parents, des cousins. Objectif: vivre, avec leurs proches, cette semaine difficile, douloureuse, de deuil national. Et commémorer, en famille, le 19è anniversaire du génocide perpétré en 1994.

La plupart des étrangers travaillant à Nyagatare – commerçants ougandais et tanzaniens, étudiants, professeurs à l’école polytechnique ont eux aussi quitté la ville, début avril.

À l’approche du début des cérémonies, il régnait, dans les rues du district, une atmosphère lourde, presque lugubre. La semaine de 7 au 14 avril s’annonçait plus sombre encore.

Il faut savoir que pendant cette période, partout au pays, les magasins, les bureaux, toutes les boutiques doivent impérativement fermer, à midi. Afin de permettre aux gens de rentrer chez eux et de « se préparer » (terme officiel) à participer pendant sept jours, entre 16h et 18h, aux discussions et aux événements commémorant, dans chaque commune, le génocide.

J’ai donc préféré prendre mes distances, et partir quelques jours…

Les étapes (en rouge) de mon trajet entre Nyagatare, Kigali et Cyangugu (en bus). Étapes suivies d’une spectaculaire « croisière » sur le lac Kivu entre Cyangugu et Karongi (Kibuye), en avril 2013

Destination:  Cyangugu (aujourd’hui Rusizi), ville située à la pointe sud du lac Kivu. Cyangugu où je suis arrivé le vendredi 5 avril, en milieu d’après-midi, après un trajet de 6 heures en bus depuis Kigali.

Riverains au bord du lac Kivu, près de Cyangugu, le samedi 6 avril

(Au Rwanda, effectuer le trajet Nyagatare – Cyangugu, c’est un peu l’équivalent, en France, de faire Strasbourg – Biarritz. Traversée de tout le pays, en diagonale, du nord-est au sud-ouest.)

Cyangugu est située à plus de 450 kilomètres de Nyagatare. La municipalité marque aussi la frontière entre le Rwanda et la ville de Bukavu, située en République démocratique du Congo. Bukavu où j’ai grandi et vécu avec ma famille au début des annnées soixante.

Dès mon arrivée, je n’ai qu’une envie: aller voir, au plus vite, et le plus près possible, Bukavu!

J’aurais dû me douter que les choses ici ne se passeraient pas aussi facilement…

Cyangugu

Marchands au bord du lac Kivu, près de Cyangugu, le samedi 6 avril

Déjà, plus tôt dans la journée, sur la route (magnifique) qui relie Nyanza à Butare, au cœur de la province du sud, j’avais eu droit à un bel exemple de l’autorité rwandaise.

Alors que les passagers à bord du bus Omega conversaient ou admiraient tranquillement le paysage, notre véhicule a été brusquement pris en chasse par une voiture de police. On demande et on fait signe au chauffeur de s’arrêter. Surprise et inquiétude sur le visage des passagers. Que se passe-t-il? Y a-t-il un délinquant parmi nous? Quelqu’un recherché par la police?

Après plusieurs secondes d’attente, un des policiers s’approche et informe le chauffeur qu’un des passagers a été vu en train de jeter par la fenêtre un morceau de papier, sur l’autoroute. C’est formellement interdit.

Le chauffeur, qui risque une forte amende, proteste. Le bus est bondé. Il ne peut, dit-il, avoir à la fois les yeux rivés sur la route et sur chacun des passagers. Le chauffeur s’en tire avec un avertissement. Mais nous sommes tous, désormais, avertis et sur nos gardes. Aucun papier ou bouteille en plastique ne traînera dans le bus ou ne sera jetée à l’extérieur jusqu’à notre arrivée à Cyangugu…

Autouroute rwandaise... Pas un papier qui traîne!...

Tronçon de la route qui relie Kigali à Cyangugu. Pas un papier ne traîne!

Dès mon arrivée, donc, je me dépêche, à pied, jusqu’au poste-frontière Cyangugu-Bukavu, situé à environ 3 kilomètres de mon auberge, « Peace Guest House » – remarquablement nichée, dans un domaine boisé, au-dessus du lac Kivu.

Une bonne adresse, au calme, à Cyangugu.

Du jardin de l’auberge, on peut aussi admirer, de l’autre côté du lac, Bukavu!

Bukavu, à l'horizon, de l'autre côté du lac Kivu...

Bukavu, à l’horizon, de l’autre côté du lac Kivu

Cyangugu - Bukavu - Congo - Rwanda

La route qui descend de Cyangugu vers la frontière congolaise… On distingue nettement, sur la droite, sur l’autre rive, Bukavu, en RDC.

Arrivé à la frontière, en fin d’après-midi, j’ai la mauvaise idée de sortir mon appareil photo…

Je m’apprête à prendre quelques clichés du poste frontière (comme je l’avais fait le mois dernier à la petite barrière, entre Gisenyi et Goma) lorsque, en quelques secondes, un fonctionnaire, en uniforme, est à mes côtés. D’un ton poli mais ferme, il m’informe, dans un français impeccable, qu’il est strictement interdit de prendre des photos du poste-frontière.

Quelle déception!

Mais je n’insiste pas. Avec mon statut de coopérant étranger, mon permis de travail, il vaut mieux ne pas trop protester et m’attirer les foudres des autorités, à la frontière rwando-congolaise.

Bukavu Congo Rusizi Rwanda

Bukavu… à moins de 100 metres! Sur la gauche, un nouveau pont (bleu), en construction, qui doit, dès le mois de juin relier Cyangugu à Bukavu… Le pont enjambe la rivière Rusizi, à l’extrême pointe sud du lac.

Prendre une photo, de près, de Bukavu devra attendre encore un peu… Dommage!

La ville est si proche que je peux pratiquement entendre les conversations de l’autre côté de la rive. J’essaie de me rappeler et d’identifier le quartier, au bord du lac, où nous habitions, au début des années soixante. Peine perdue. La ville a énormément grandi, et je n’ai aucun point de repère…

De retour à l’auberge, quelqu’un me remet une vieille carte de Bukavu, imprimée à la fin des années soixante. Sur la carte, je repère le Collège Notre-Dame de la Victoire où j’ai été, avec mes frères, élève, pendant deux ans. D’autres noms me sautent aux yeux: Monument Olsen, restaurant La Bonbonnière, cinéma Paguidas, Hôtel Léopold II, Athénée

Tous ces noms me rappellent vaguement quelque chose… mais c’est si loin tout cela!

Il y a près de cinquante ans que nous habitions là-bas en famille, de l’autre côté du lac…

Mes frères, ma soeur, une amie de la famille,et moi, à Bukavu, en 1963. Ci-dessous, un peu plus tard, vers 1965 ou 1966, à Elizabethville (aujourd'hui Lubumbashi)

Mes frères, ma soeur, une amie de la famille,et moi, à Bukavu, en RDC, en 1963. Ci-dessous, un peu plus tard, vers 1965 ou 1966, à Elisabethville (aujourd’hui Lubumbashi) dans la province du Katanga, au Congo.

001 (2)

Un détail me frappe cependant. Avec le Rwanda, si proche, comment se fait-il que nous n’ayons jamais, de Bukavu, franchi la frontière?

Je ne me souviens d’aucun séjour, même bref, du côté rwandais du lac. Alors que je me rappelle, enfant, d’au moins un voyage par la route, en voiture, entre Bukavu et Bujumbura, la capitale du Burundi.

Aucune trace dans ma mémoire d’un séjour au Rwanda en 1962 ou 1963…

Pour quelles raisons?

Mes frères ou ma soeur vont peut-être pouvoir m’éclairer?…

Le lac Kivu avec, à l’horizon, Bukavu, en RDC

J’ai passé quatre jours magnifiques à Cyangugu à explorer les rives du lac Kivu, à rencontrer dans les collines les familles et les paysans étonnés de voir sur les sentiers un umuzungu…

Une fois la surprise passée, le dialogue est toujours le même:

– Muraho!

– Maramutse!

– Amakuru?

– Ni Meza – Amakuru?

– Ni Meza

– Murakose

– Murabeho!

Cyangugu Rusizi Rwanda

À Cyangugu, au bord du lac Kivu, en avril 2013

Ces quelques mots suffisent à éclairer les visages. Partout, des sourires. On vient me prendre la main, on me regarde, attentivement, on me scrute, les yeux dans les yeux, on m’indique le chemin, on m’accompagne, parfois. Les enfants, quelquefois, se cachent, effrayés de voir ici passer un étranger….

Scènes typiques de Cyangugu. Ci-dessous, un petit marché, près du lac

Scènes typiques sur les rives du lac, à proximité de Cyangugu…. Ci-dessous, un petit marché…

marché cyangugu

Un après-midi, vers 16h, je décide de monter jusqu’à Kamembe, la ville jumelle de Cyangugu, située à 3 kms au nord. Kamembe est un important centre de tri commercial. Des tonnes de marchandises transitent ici tous les jours entre le Congo et le Rwanda.

Pendant cette période de deuil national, je veux voir de plus près à quoi ressemblent ces regroupements, ces réunions qui commémorent le génocide.

Dès mon arrivée à Kamembe je suis frappé par l’omniprésence des militaires. Il y a des soldats partout, lourdement armés. Qui surveillent les lieux où sont rassemblés les habitants des différents quartiers. Cette fois, je ne sors pas mon appareil-photo.

J’observe simplement que les boutiques, les bureaux et les magasins sont fermés. La ville fonctionne au ralenti. Les gens, deux par deux, se tiennent par la main ou déambulent en petits groupes dans les rues de la ville. Ils s’arrêtent un moment pour écouter un des animateurs qui dirige une discussion, un débat auquel participent, calmement, des dizaines de citoyens, serrés sur des bancs de fortune…

Je suis frappé par le grand contraste qui émane des différents quartiers la ville. D’un côté, à l’entrée de la cité, la présence des militaires, menaçante, armes aux poings. Et de l’autre, dans des petites rues, ces rassemblements, chargés d’émotion, auxquels assiste la population. Énorme paradoxe.

Paradoxe qui traduit assez bien les tensions qui subsistent dans le pays.

Aujourd’hui, affirment les autorités à Kigali, il n’y a au pays que des Rwandais. « Finies les distinctions entre Hutus et Tutsis« , proclament les discours officiels. « La carte d’identité nationale est la même, pour tous« . Mais, derrière les sourires, la bonne entente, les tensions persistent.

Notre-Dame du Nil, Prix Renaudot 2012. Ai eu la chance de trouver le livre à la nouvelle bibliothèque municipale de Kigali. A lire absolument. Bravo et merci à l'Institut français du Rwanda qui vient de doter la bibliothèque d'une importante et précieuse collection de livres en français.

« Notre-Dame du Nil », Prix Renaudot 2012. J’ai eu la chance de trouver le roman à la nouvelle bibliothèque municipale de Kigali. A lire absolument. Bravo et merci à l’Institut français du Rwanda qui vient de doter la bibliothèque d’une importante et précieuse collection de livres en français. Et merci à Jessica, de Montréal, pour la recommandation!

Tensions qui sont très visibles à Kigali, dans le quartier des ministères, des ambassades et du complexe présidentiel notamment, devant lesquels des soldats, très lourdement armés, patrouillent jour et nuit.

Comme le montre la photo ci-dessous, le contrôle des citoyens est également fréquent ici.

Autre scène courante au Rwanda: les contrôles de police. Les chauffeurs de moto-taxi sont souvent ciblés, comme ici, à Cyangugu. A noter, à gauche du policier (en jaune) un militaire, armé. Quelques jours tard, à Kibuye, j'ai observé un contrôle similaire qui visait cette fois le passager de la moto-taxi. Le policier inspectait en détail le contenu du portefeuille du passage...

Scène courante au Rwanda: les contrôles de police. Les chauffeurs de moto-taxi sont souvent ciblés, comme ici, à Cyangugu. A noter, à gauche du policier (en jaune) un militaire, armé. Quelques jours tard, à Kibuye, j’ai observé un contrôle similaire qui visait cette fois le passager d’une moto-taxi. Le policier inspectait en détail le contenu du portefeuille du passager…

Revenons au lac Kivu.

Depuis mon arrivée au Rwanda, j’ai le projet de faire, par bateau, le trajet entre Cyangugu et Kibuye (aujourd’hui Karongi). 130 kilomètres environ le long de la rive est du lac Kivu. La liaison entre les deux villes est irrégulière. Le bateau, peu fiable. Mais je pense à ce voyage depuis plusieurs mois, et je suis résolu.

Le trajet par bateau entre Cyangugu et Kibuye

J’apprends à l’auberge qu’un départ est prévu pour mardi matin, le 9 avril. Je vais me renseigner au port de Cyangugu. Où on me confirme que le bateau appareille le lendemain à 7 heures du matin. Prière d’arriver au port à 6h30, me dit-on, trente minutes avant l’embarquement. Tarif: 3500 FRW ($5.60 ou 3 euros 60) jusqu’à Kibuye. 6000 FRW jusqu’à Gisenyi.

Vu de loin, ancré dans un coin éloigné du port, le bateau, peint aux couleurs du drapeau du Rwanda, a plutôt triste mine…

Mardi matin 9 avril, dans le port de Cyangugu...

Mardi matin 9 avril, dans le petit port de Cyangugu…

En compagnie d’une vingtaine d’autres passagers, je suis au rendez-vous à 6h30, mardi matin… Début de journée sans soleil. Il pleut légèrement…

À 7h20, le bateau lève l’ancre et se dirige lentement à l’extérieur du port, direction nord…

Commence alors une croisière extraordinaire le long des rives du lac Kivu!…

Sur le lac Kivu, le mardi 9 avril 2013

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Le bateau s’arrête fréquemment pour prendre des passagers. À chaque escale, des porteurs, agiles, déchargent ou hissent à bord de grandes caisses de marchandises, de la volaille, du riz, du charbon, des rouleaux de corde, des bidons d’huile, des sacs d’arachides…

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Pour les communes et les villages éloignés, perchés très haut dans les collines, au-dessus du lac, l’arrivée et le départ du bateau (qui assure, normalement, deux fois par semaine, la liaison Cyangugu-Gisenyi) constituent l’un des événements majeurs de la semaine…

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Nous croisons, en chemin, différents types d’embarcations…

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… et même des passagers, retardaires qui, au milieu du lac, parlementent avec le capitaine, et essaient de prendre le bateau en marche…

... Ce passager réussira à monter à bord...

… ce passager, retardataire, plaidera sa cause avec succès et réussira à monter à bord…

À mesure que le bateau avance vers Kibuye, des villages, de plus en plus isolés, apparaîssent, le long des rives… Ishwa, Shangi, Mukoma, Muyange, Birembo… On ne retrouve ces noms sur aucune carte…

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Après plus de six heures de traversée, arrivée au port de Kibuye à 13h45. Des autobus attendent les nombreux passagers qui se rendent à Kigali. D’autres passagers montent à bord. Destination: Gisenyi où le bateau doit arriver en toute fin d’après-midi.

Arrivée au port de Kibuye...

Arrivée au port de Kibuye en début d’après-midi, le mardi 9 avril 2013

Je descends. Depuis le mois de novembre, c’est mon troisième séjour à Kibuye.

En cette période de deuil national, l’atmosphère dans la ville est cependant différente cette fois-ci.

C’est ici qu’a eu lieu un des épisodes les plus sanglants du génocide.

Des 60 000 Tutsis qui résidaient en 1994 au sein de la préfecture de Kibuye, plus de 90% ont été assassinés, exterminés. 4000 d’entre eux d’un seul coup, dans une église où ils s’étaient réfugiés.

Monument érigé en homage aux victimes du genocide à Kibuye

Monument érigé à Kibuye en hommage aux victimes du génocide

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La ville, en cette période de deuil, tous les après-midis, pleure ses morts.

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Pour ce troisième séjour à Kibuye, j’ai décidé d’aller loger au Centre Bethany, un établissement situé sur les rives du lac.

J’y ai passé trois jours, au calme, au bord de l’eau, en dévorant le roman de Scholastique Mukasonga, « Notre-Dame du Nil », cité plus haut, et en rédigeant mon rapport trimestriel pour VSO.

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Nouvelles de Kibuye pour mon ami Marc de Vancouver qui a habité autrefois la ville avec sa famille. L’ancienne Guest House a définitivement disparu. Le site est maintenant un immense terrain vague, avec une vue exceptionnelle sur le lac Kivu. La rumeur veut qu’on y construise, bientôt, un grand hôtel de luxe, cinq étoiles. Les négociations auraient apparemment déjà commencé avec la chaine d’hôtels Serena.

Kibuye, mercredi 10 avril

Une route longeant le lac Kivu, à Kibuye, le mercredi 10 avril

Je suis maintenant de retour à Nyagatare où j’ai retrouvé mon collègue de VSO et son épouse…

Heureux que cette semaine de deuil national – sous haute tension – se termine.

Les écoles du pays rouvrent leurs portes lundi prochain, le 22 avril.

Il me restera à ce moment-là trois mois (et quelques jours) avant la fin de mon contrat au Rwanda.

Trois mois pour continuer à explorer et essayer de mieux comprendre l’histoire douloureuse et la culture de ce pays splendide, merveilleux et si complexe.

Le long d'un sentier au bord du lac Kivu

Le long d’un sentier au bord du lac Kivu, le mardi 9 avril 2013

9 réflexions sur “En bateau, le long des rives du lac Kivu…

  1. Toujours très touchant de te lire Max. J’aime ta plume, furtive et profonde à la fois. Merci pour la pensée et les dernières nouvelles de Kibuye ! Dans ton texte précédent, l’histoire du Ecololodge m’a vraiment titillé….. Murakozé !

    • Murakose à toi aussi, Marc!
      J’essaierai de passer à Kibuye une dernière fois avant mon départ, fin juillet.
      Planifies-tu bientôt un voyage au Rwanda, avec la famille?
      Si oui, l’équipe du INZU Lodge à Gisenyi sera heureux de vous accueillir!
      http://inzulodge.com

  2. Bravo pour un récit captivant de ton séjour au bord du lac Kivu. Je ne me rappelle pas non plus de séjour au Rwanda.

    Quant au Burundi, pas de souvenir de voyage par la route mais celui d’une évacuation par les casques bleus de l’ONU vers Bujumbura à la suite d’une menace de Moïse Tshombe d’ invasion du Congo par le Kivu, soutenu par la Belgique et l’Union minière du Haut Katanga.

    Intéressant retour sur le passé au moment où on commence à entendre les confessions des grandes puissances sur leur implication dans l’assassinat de Patrice Lumumba (http://www.bbc.co.uk/news/world-africa-22006446) …

    Bonne rentrée scolaire.

  3. Beau récit, Max !
    Effectivement, notre évacuation par le Burundi avait été organisée par le Dr Doglio (?), car nos parents étaient toujours en Europe.
    Notre maison était au sud de Bukavu, difficile à repérer du lac
    Nous étions, les 3 frères, les derniers ressortissants de l’ONU à quitter Bukavu par un tout petit pont….
    Ben

    • Je suis impressionné par ta mémoire Ben! Je ne pense pas, moi non plus, que la maison donnait directement sur le lac. J’ai souvenir d’un petit chemin pour y avoir accès. Il faudrait demander à Marie-Thérèse D. Max: a t-elle l’adresse de ton blog?

      • Bonjour Ben et Alix,
        Vous avez raison pour la maison.
        Pour moi, la pointe sud du lac ou au bord du lac signifie très près du lac. Je me souviens aussi très bien du chemin en terre qui menait à la maison où habitait la famille de Marie-Thérèse (avec une Volkswagen rouge dans le garage)… et des escaliers, derrière la maison, qui descendaient vers le lac… J’ai envoyé à Marie-Thérèse le lien vers le blog au mois de novembre… et je n’ai pas reçu de réponse. L’adresse courriel était-elle la bonne? Ce serait formidable d’avoir des nouvelles, et peut-être meme quelques photos de Bukavu dans les années 1961-63…

        Pour ce qui est de l’évacuation vers le Burundi, je n’en ai aucun souvenir. Mais ce départ précipité de Bukavu par ce petit pont m’intrigue beaucoup. Nous continuerons la conversation par courriel.

        Merci, Alix pour le lien de la BBC sur Patrice Lumumba… . Intéressant de lire l’option d’empoisonnement par dentifrice!…

        Bonne semaine à tous les deux. Le printemps est-il arrivé à Montréal?

  4. Merci Max pour ton récit à la fois informatif et touchant, parfaitement illustré par ces superbes photos qui nous permettent de faire une visite virtuelle du « Pays des mille collines » !

    La région du Lac Kivu est très verdoyante, la vie y semble simple et paisible. Ta « croisière » sur le Lac Kivu n’a rien à voir avec les images habituellement conjurées par ce mot, mais semble avoir été très agréable. Glisser au fil de l’eau était sans aucun doute le moyen idéal pour voir défiler le paysage au ralenti et découvrir ces villages endormis sur les rives du lac qui s’éveillent deux fois par semaine au passage du bateau.

    Quelle bonne idée de joindre aussi quelques photos de ton enfance … Vous êtes si mignons tous les quatre, avec tes frères et ta soeur ! Es-tu le plus jeune au milieu sur la photo en costume?

    J’ai trouvé intéressant et émouvant que tu aies choisi le moment où les Rwandais font un retour sur leur passé pour faire un retour sur le tien. Bien évidemment, le parallèlle s’arrête là puisqu’ il s’agissait pour toi d’un retour sentimental, un effort de mémoire empreint de curiosité et de nostalgie pour raviver les souvenirs d’une enfance heureuse, tandis que pour les Rwandais c’est un retour douloureux, un devoir de mémoire pour refermer les blessures d’un passé tragique. Quelle étonnante coïncidence de savoir qu’il y a 50 ans les casques bleus de l’ONU étaient déjà dans cette même région et que tu as été, avec tes frères, forcé d’évacuer le Congo pour échapper à un autre conflit …Tu étais sans doute heureusement trop jeune pour que cela t’ait marqué !

    Bonne rentrée lundi et bonne continuation pour ces trois derniers mois avant la fin de ton contrat ! Murabeho !

    • Chère Annie,
      Je suis toujours touché par tes encouragements, par la grande chaleur de tes commentaires, et par ton soutien. Du fond du coeur, merci. (Et, oui, c’est bien moi, en costume bleu, entre mes frères, au milieu de la photo).

  5. Dear Max,
    Seeing parts of Rwanda through your eyes and your written narrative experiences has been an enlightening vicarious journey for me! Each part of your ‘cheminement’ du passé ou du présent provokes my spirit; jostled, too, as I observe your origins…those of the Rwandans you have met…then I have to look at my own ‘spaces’-internal and external. Living-together-in-difference requires one to live more deeply and in gratitude. May you continue to trek in grace.

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